21 août 2002

Le billet d'EIFFEL

Avec Bouncer de Boucq et Jodorowsky, on retrouvait avec bonheur l’univers du western dans ce qu’il pouvait avoir de plus sauvage et cruel. Jodo poussait les portes d’un drame familial aux passes d’armes vitriolées et corrosives. Le second tome vient les refermer, dans un esprit toujours aussi dur où l’on dénote les stygmates de nombreux tics du scénariste. Cette histoire de vengeance (d’un neveu face à son oncle) commence par un apprentissage. Seth, pour avoir une chance de venger le meurtre de ses parents, doit devenir un tueur professionnel. C’est l’occasion d’une intrusion dans le passé du Bouncer, un flash-back qui renvoit le manchot dans ses souvenirs de déchéance, avant que par miracle, il n’échoue chez Crazy Butterfly... Jodo joue alors avec la mort, la chair, la peur, le contrôle de soi, une grande partie de ses jouets favoris avant de confronter Seth à l’amour. Là, il rajoute à la dramatique faisant de l’être chéri l’enfant du puits de haine. La peur de perdre sa belle pour une vengeance assouvie sera une nouvelle torture pour Seth. Jodo rejoue alors de gammes trop souvent étudiées, en fait un peu trop, pourtant sans surprendre. Il semble en fait expédier les affaires courantes, surtout dans un final d’une grande banalité.
Heureusement Boucq (et Fructus pour la couleur) assurent à rendre intense et vivant cette tranche de vie dans un Ouest belliqueux et cruel. Le talent de Boucq transforme aisément l’album en seulement une demie déception.  Il est fort à parier même qu’elle sera gommée en terme de ventes par la qualité graphique de l’album.

Bouncer
a peut-être manqué d’un album pour ajouter de la matière à sa légende !

** Quelques temps après ces lignes, l’info tombait d’une mise en chantier d’un troisième album pour le videur manchot de l’Infierno !

BOUNCER T.2 : La pitié des bourreaux
JODOROWSKI, BOUCQ et FRUCTUS
Les Humanoïdes Associés


 

J’ai souvent joué de louanges pour la série  Aldébaran réalisée par Léo (5 albums), le concert va continuer avec Bételgeuse dont le tome 3, L’Expédition est tout bonnement passionnant. Deux clans se sont formés sur l’extraordinaire planète, celui des militaires et celui des scientifiques, résolument opposés dans leurs convictions concernant les Iums. Les avis divergent sur leur niveau d’évolution. La question est d’importance puisqu’elle conditionne la possibilité d’installation d’une colonie humaine sur Bételgeuse. L’expédition formée pour les étudier avance en pays hostile, sorte de jungle luxuriante où Léo étale son formidable talent à créer faune et flore extraordinaires. Souvent épatés, on assiste aux évolutions dans les relations humaines de ce groupe aux comportements résolument tranchés (un peu trop d’ailleurs!). Kim (l’héroïne d’Aldébaran) continue de découvrir ses étonnants pouvoirs liés à l’absorption des gélules bleues de la Mantrise. Et oui, les secrets d’Aldébaran ressurgissent sur Bételgeuse, l’équipe de cette fameuse série (Alexa, Marc, Pad) commençant d’ailleurs à se reformer dans cette captivante aventure.
Car il ne faut pas s’y tromper, ce tome 3 de Bételgeuse confirme superbement l’intérêt de ce second cycle, installant les fils conduisant à une dramatique difficile à précéder (Léo sait captiver tout en ménageant ses effets) qui joue, à l’image autrefois d’un Jack Vance, de la découverte enchanteresse de mondes imaginaires colorés. Ce qui fait de Bételgeuse, une série de SF aussi mature que jubilatoire.

BÉTELGEUSE T3 : L’Expédition
LÉO
Dargaud


 

Sur le mode du polar saignant, l’Espagnol Efa nous donne une comédie alerte avec Opération Sirtakis, premier épisode des (mes)aventures de Rodriguez. Sur un scénario simple (presque simpliste), l’auteur renvoie son malheureux héros des pattes d’un mafieux milliardaire vers les filets d’une police soudoyée, sans oublier une jolie tueuse asiatique à l’efficacité redoutable. Tuer ou être tué, Rodriguez se lance dans une folle course, terriblement mortelle sous le soleil torride des Îles grecques.
On retrouve les qualités graphiques d’un dessinateur révélé par Les Icariades (superbe série SF chez Paquet). Un trait facile et vigoureux, le sens du mouvement et de l’expressivité. Il manque l’épaisseur d’un bon scénario, la comédie abuse, à l’image du théâtre comique, d’allées et venues qui créent plus de mouvement que d’action et d’un humour qui manque de légèreté (surtout au début).
L’univers de l’auteur a besoin d’être développé et originalisé, Efa démontrera alors mieux encore tout son talent.

RODRIGUEZ T1 : Opération Sirtakis
EFA
Paquet


 

Les festivals sont l’occasion de croiser de jeunes auteurs, de découvrir des titres peu mis en avant en librairies. En mai 2001, à Arles, je rencontrais Christophe Picaud et découvrais son premier album, Marie, pour la série Les Larmes du Démon chez Clair de Lune. Une plongée dans une histoire de type médiéval fantastique tout à fait convaincante, aux personnages bien campés dans une réalisation graphique rappelant un certain Hermann (les femmes de Picaud sont plus jolies), notamment pour les ambiances données par une mise en couleur directe. Le second tome, La Roussotte, vient confirmer cette bonne impression, ouvrant les portes aux secrets d’êtres diaboliques, les Hailagmannuz, une race de Démons qui a engendré quelques rejetons marqués du sceau de la bête ! Cette terrible “malédiction” qui plane sur la jolie Marie nourrit la force que Guillaume et Kubilaï vont déployer pour battre un peuple qui engendre la terreur.
Dans un style très réaliste, qui évoque un peu le classicisme d’un Servais, Picaud affirme son style et livre un album très abouti. Certes, l’histoire se conjugue sur des thèmes évidents, mais l’auteur évite les écueils et s’ouvre au souffle romanesque en imposant des personnages qui sont très vite adoptés.
Un album qui mérite votre coup d’œil et qui est certainement un des meilleurs de cette petite structure éditoriale.
Je l’ai découvert un peu par hasard, derrière la dernière pile des bouquins de Froideval (je cherchais autre chose ! !), en somme bien enterré par le libraire, une forme de rite anti-commercial réservé aux petits éditeurs qui ne font pas les grosses ventes ! La lutte est dure pour s’afficher en tête de bac !
 

LES LARMES DU DÉMON T2 : La Roussotte
PICAUD
Clair de Lune


 

C’est à une Fantasy amusante et enjouée que nous invite Anouke pour son premier essai de BD qui inaugure la série nommée Enwin. Entre fable animalière, conte peuplé de Géants, légende d’un pays imaginaire aux entrées redoutables (le Statufar a été pétrifié alors qu’il avalait un morceau d’Univers) et Fantasy loufoque, elle nous entraîne dans une quête étonnante qui résonne comme ce film magique qu’est Le monde sans fin.
Choisis par le hasard, ils sont six pour aller libérer Les Enfants de Gribourg, enlevés par Hargull le terrible pour les donner à manger à ses guerriers. Six, pas plus courageux que les paysans de Gribourg, mais qui vont relever le défi pour ne pas avoir la honte de la lâcheté. A l’esprit de vengeance de Moriek le vaincu, aux rêves d’Enwin de voler dans une machine, ils vont associer leur quête pour monter à l’assaut du château d’Hargull.
Anouke ouvre son monde magique sur une mise en place un peu lente, mais qui fourmille de personnages et de situations cocasses. Le dessin mêle l’esprit du cartoon à un style très personnel et hyper détaillé. La pierre, le bois et le végétal s’enchevêtrent à profusion formant de magnifiques décors soulignés par les couleurs de Chagnaud. Cette première belle impression sera à confirmer dans un récit prenant un peu de souffle, mais dont l’originalité première est de se démarquer clairement de la grande usine à Fantasy qu’est devenue la BD.

ENWIN T1 : Les Enfants de Gribourg
ANOUKE & CHAGNAUD
Soleil


 

Après dix-huit mois de coma, Jacob Kandahar revient au monde, dans une base souterraine ultra secrète. Les quatre faisceaux de lumière blanche, apparus en mai 2009, sont toujours là, clignotant aux quatre coins du globe. L’homme le plus intelligent du monde est seul, isolé face à des scientifiques, des politiques et des militaires. Son ami Ardell est devenu paraplégique, la photographe Hannah ne veut plus se battre ! Jacob doit collaborer ou entamer une partie d’échecs où il possède un pion supplémentaire : un surhomme né du rayon turque et qui communique avec lui par télépathie.
Après deux albums énigmatiques à souhaits, la série Apocalypse Mania s’enlise quelque peu dans un bunker où l’action se sclérose autour de stéréotypes grossiers. On peut même se demander à quel point ce Global Underground était utile, tant l’opposition entre Jacob et ses geôliers tombe dans le lieu commun, nous servant même le vilain militaire obtus qui pète les plombs, exécute tout le monde et fait sauter le sanctuaire !...
Ce troisième album est une déception née d’un manque flagrant d’originalité. Est-ce l’envie d’étirer une série jouissant d’une belle estime ou tout bonnement un flop dans l’aventure imaginée par Bollée et Aymond ? Seul l’avenir nous le dira !     
   

 APOCALYPSE MANIA T3 : Global Underground
BOLLÉE & AYMOND

Dargaud


 

Shadow, c’est le titre du 12e épisode des aventures de Largo Winch. C’est aussi le titre du feuilleton TV pour lequel Simon Ovronnaz a été engagé en tant que vedette principale. (voir Golden Gate, T11) Depuis, les affaires du groupe W. se sont considérablement détériorées, car derrière le business télévisuel se cachent quelques gros requins de la finance alliés à un parrain qui sévit dans le milieu de la prostitution. C’est clair, ils veulent rogner définitivement les ailes du play-boy milliardaire. Emprisonné, accusé de viol et d’enlèvement, Largo côtoie en taule son homme de confiance, Cochrane, piégé pour fraude fiscale par l’I.R.S. Bien sûr, Largo va s’en sortir, mais l’affaire est extrêmement dangereuse, masquant par exemple  les sadiques metteurs en scène d’un réseau de “snuff movies”...
Jean Van Hamme lâche la cavalerie sur le final de Golden Gate, faisant même monter au front la stricte Miss Pennywinkle aux côtés des baroudeurs de service qui font les amis et souvent les derniers recours du héros (Freddy Kaplan tombera souvent à point nommé dans cet épisode). Le Largo nouveau est honnête et riche en action, sans être transcendant, à l’image de la production d’un scénariste qui vise au divertissement populaire. Le dessin et le découpage de Francq répondent à une volonté très axée vers l’efficacité cinématographique. C’est fluide, rythmé et, parfois, un peu tiré par les cheveux.
Les curieux et autres collectionneurs peuvent déjà se mettre en chasse du très beau dossier de presse réalisé pour Shadow.                     

LARGO WINCH T12 : Shadow
VAN HAMME & FRANCQ
Dupuis, collection repérages.
  


 

Dans une catégorie héros à contre-emploi, Guillaume est le cousin français d'Harry Potter. A l'image du célébrissime héros british, il s'essaie à la magie, malheureusement avec fort peu de brio. Même pour truquer ses notes afin de garder une chance de rester au Collège invisible, il s'y prend si mal qu'il se retrouve bombardé meilleur élève de la classe! C'est ce que recherche le Petit Peuple, croyant déceler en Guillaume un as de la Magie capable de devenir son magicien suprême, le seul qui puisse contrer le nuisible Mal Absolu.
Sur les bases d'une recette qui a rapporté gros, Ange roule pour un public jeunesse qui se reconnaitra dans certaines ambiances baston de cours d'école. Les afficionados des dessins animés du merdredi tomberont sous le charme d'une fable citadine mignonette qui s'oublie dans le gore pour un final hollywoodien. Donsimoni lache ses personnages entre mangas et D.A. pour une première amusante, mais sans grande originalité.

LE COLLEGE INVISIBLE T1 : Cancrus Supremus
ANGE & DONSIMONI
Soleil
 


 

Afrique. Un charnier de plus, une enfant qu'elle n'arrive pas à arracher aux bras avides de la mort. Véra craque, il est temps pour elle d'aller se ressourcer en France. La famine, la guérilla, la dysenterie, la lèpre, le palud ont eu raison de ses forces. De retour à Paris, elle apprend le décès de son père, Jakob, la star des violons tsiganes dégringolée au bas de l'échelle des laissés pour compte depuis la mort tragique de sa femme... à la naissance de Véra. Ce sont des manouches, sa famille d'autrefois au village d'Ataki qui lui apprennent l'existence d'un frère, Kolya, à la fois jumeau et siamois. Une quête et une énigme se proposent à la splendide jeune femme (les pages de nus entre douche et téléphone sont en 27 et 28), un nouveau périple au long cour qui l'entraine vers Tahiti.
Perrisin signe là un début d'histoire très prenant, délivrant un secret vieux de plus de 20 ans qui vient chambouler une vie et ouvrir, à la façon de poupées russes, d'autres secrets enfouis dous le poids de l'amertume. Le dessin de Pavlovic se veut très réaliste, affichant avec force et conviction les contours d'un personnage vite adopté. Si l'écueil du sentimentalisme à l'eau de rose lui est évité, nul doute que Véra a un très bel avenir dans la BD.

El NIÑO T.1 : La Passagère du Capricorne
PERRISIN & PAVLOVIC
Humanoïdes Associés


 

Stacy, Julia, Linsey et Olivia poursuivent au Mexique leur entreprise de nettoyage entamée dans ce western finement dessiné par Penet. Elles cherchent à coincer leur troisième proie, mais l'homme se fait récalcitrant et invite en son domaine plus de tueurs que de Fédéraux qu'il a déjà soudoyés!
Si les quatre jolies "gringas" nous changent sérieusement de l'image de Clint Eastwood,  l'action développée par Djian se nourrit de scènes classiques du western américain comme du style Sergio Leone. Duel en pleine rue, embuscade où les méchants tirent très mal et ne profitent pas de leur formidable avantage, traitre qui se repent et se fait abattre pour la bonne cause... Point de très grande originalité à l'horizon, mais une BD à lire en plein soleil pour approcher l'ambiance sableuse et étouffante du désert tout en se disant que c'est pas mal dessiné. Blam!

 

FLEURS CARNIVORES T2 : El Macho
DJIAN & PENET
Soleil


 

Un à un, les Candélabres se sont réveillés. C'est que la source de feu que représente Paul Klarheit est intarissable. Seul humain à pouvoir les apercevoir, il va faire des choix lourds de conséquences pour approcher des vérités qui lui échappent. Depuis que Solédango l'a sauvé des flammes, Paul jouit de pouvoirs, mais subit aussi  l'étonnant personnage. Il est sa source d'énergie, il est un pion dans la guerre que se livrent ces êtres d'énergie. Paul vit mal son exception, jusqu'à renier ses plus fidèles amis. Plus maladroit que mauvais, il va découvrir ce qu'il est devenu, humainement et au-delà...
Toujours plus sensible, le récit d'Algésiras s'affirme à l'image d'un dessin d'une grande finesse qui va à l'essentiel. Le fantastique s'impose dans un univers original qui entremêle les sentiments de jeunes adultes confrontés à la différence, à la jalousie et à l'incompréhension qui naît quand on ne peut partager le poids d'un secret. Poétique et envoutante, Candélabres se fait subtile et devient une oeuvre délicate entre maturité et ouverture d'esprit. Un moment délicieux de bande dessinée.

CANDELABRES T.3 : Incandescence
ALGESIRAS
Delcourt


 

La vengeance est le moteur de cette Héroïc-Fantasy débridée où les deux auteurs que sont Ange démontrent l'étendue de leurs connaissances sur le sujet. Habitués des romans de SF et de merveilleux (Fleuve Noir, Bragelonne), ils ont bâti un récit très dynamique où l’on retrouve nombre d'archétypes du genre : guerriers de légende, mages et sorciers, sorts et bêtes infernales, personnages divins, artéfacts magiques... Peu à peu, les batailles sanglantes laissent place aux stratégies douteuses et aux sacrifices douloureux... l'aventure d'un groupe explose devant l'intérêt individuel.
Dans cette mêlée furieuse, Paty passe tout en vigueur, habile dans les premiers plans, souvent peu précis et sans artifices dans les décors et arrière-plans. Entre défauts (parfois de débutant !) et qualités, l'album laisse de bon échos, ceux d'un scénario bien troussé qui sait masquer ses meilleurs effets et de personnages attrayants aux contours psychologiques parfois surprenants . Peut devenir une excellente surprise.

LA CICATRICE DU SOUVENIR T.2 : Le Cristal de Baïn
ANGE & PATY
Soleil


 

Seul, Le Secret et L’orignal, la nouvelle vague de réédition des albums de la saga de Buddy Longway par Derib a précédé de quelques semaines le retour, après 13 ans d’absence, du trappeur et de sa famille pour une aventure inédite.
La dure vie au milieu de la nature et à proximité des peuplades indiennes donne le ton à cette série qui met en avant l’apprentissage permanent qui s’impose à Buddy et à sa famille. Ils doivent sans cesse réagir devant l’inattendu (la blessure dans Seul, l’esprit de vengeance dans Le Secret ou la sauvage défense d’un territoire dans l’Orignal), agir vite pour survivre tout en respectant des règles en milieu sauvage qui concernent aussi bien les humains que les animaux...
Un style de vie que Derib développe autour de mots-clés qui sont amour, tolérance, courage et respect d’une nature aussi généreuse qu’hostile. Avec cette famille que l’on voit s ‘épanouir, l’auteur à tout loisir de provoquer les rencontres et d’évoquer les thèmes classiques du western qui viennent se situer entre ses deux trilogies  Celui-qui-est-né-deux-fois  et Red Road , complétant ainsi son envie de conter le monde indien. Avec Regarde au-dessus des nuages , on retrouve toutes ces références, Buddy découvrant encore les étonnantes facultés de ses amis indiens à communier avec les animaux. Le nouvel album marque les retrouvailles de la famille Longway, hormis le fils Jérémie, mais aussi le début des transhumances indiennes vers les réserves. Derib souhaite achever sa saga au tome 20, avec 4 albums où “On assistera à un choc irrémédiable entre deux races, deux cultures et à la fin d’un monde et d ‘une époque ”. L’histoire est irrémédiablement en marche, bien relancée par ce 17e album auquel on ne pourra reprocher (comme pour tous les autres) que la brièveté de son temps de lecture.
A noter pour ceux qui découvrent la série, que les tomes suivront verront tous une réédition et que Regarde au-dessus des nuages contient 16 pages supplémentaires où toute la sage est racontée par Buddy Longway.

BUDDY LONGWAY T.4, T.5, T.6 : Seul, Le Secret, L’orignal - T.17 : Regarde au-dessus des nuages
DERIB
Le Lombard


 

Retour au cœur du Harem pour ce second volet de Djinn. Kim Nelson veut approcher la réalité de ce que vécût sa grand-mère, Jade, favorite du Sultan noir alors que la première Guerre mondiale vient frapper au portes de l’Empire ottoman. Alors qu’en 1912 la femme d’un diplomate anglais est initiée aux plaisirs de l’amour, Kim connaît la même expérience pour approcher l’énigmatique Ebu Sarki. Le temps n’a pas effacé la loi de la coutume, il est l’heure de passer l’épreuve des 30 clochettes, l’heure de l’initiation et de la soumission.
Dufaux décrit le règles de l’entrée au harem, partageant son récit sur deux voies éloignées par le temps et le caractère des personnages, mais totalement parallèles quand au déroulement des épreuves. La femme doit être soumise, brisée et ne sera plus qu’un objet de plaisir. Anna Miralles s’accorde au tempo cruel et éprouvant du scénariste, glissant avec élégance en ces lieux secrets où la femme n’est plus qu’obéissance. Le dessin est limpide, fin, pour une intrigue étonnante qui va au bout de son propos sans verser vers un voyeurisme de mauvais goût. C’est certainement là la plus belle réussite des deux auteurs.

DJINN T.2 : Les 30 clochettes
DUFAUX & MIRALLES
Dargaud


 

Véritable fleuron de la collection Vécu, la série imaginée par D. Bardet bifurque par le marais poitevin. Même si Gunther, Pritz et Marion ne sont pas d’accord sur la direction à prendre dans la mission qu’ils doivent accomplir pour Henri IV, c’est bien en ces lieux perclus d’humidité qu’ils découvriront le cœur d’une machination qui menace la Couronne de France. Quelque soit l’option choisie, toutes ramènent au moine Louvel, à Philippe II,  Roi d’Espagne, au sein du marais mouillé... Dans une aventure où il faut être du bon côté de la lame tant on tue, perce, estropie, Bardet conte son histoire de France avec le verbe juste, force tromperies et quelques accès de libertinage. Au dessin, Dermaut est tout bonnement impressionnant, puissant et précis, il donne la force à cette intrigue crédible, saluée en ouverture par l’écrivain Michel Ragon.
Les Chemins de Malefosse, c’est tout bonnement une leçon de mise en scène !

 

LES CHEMINS DE MALEFOSSE T.11 : Le feu sur l’eau
BARDET & DERMAUT
Glénat, collection Vécu.


 

Quand Léo ne dessine pas, il imagine des histoires pour d’autres. Ainsi ce Dexter London mis en images par l’Espagnol Sergio Garcia (Géographie martienne chez Dargaud). Avec cette nouvelle série, il garde ses manies d’ethnologue explorateur de planètes, découvreur d’êtres mystérieux et de faune extraordinaire. Au cœur de sa vision un chômeur en bout de course qui, pour essayer de s’en sortir, se lance dans le métier d’Aventurier professionnel via une petite annonce lancée en désespoir de cause. Cela marche et le voilà promu au rang de protecteur d’un jeune et riche garçon parti à la découverte d’un continent nommé Barken-Mésir. La guerre y est sous-jacente, des peuples étranges y habitent, mais la jeune et jolie Sydney Mc Coy invite à se dépasser ! Le courage n’est pas le point fort de l’apprenti héros, mais il fera des efforts pour mériter la belle même si dans son entourage il découvre l’aventure archéologique, l’engagement politique et le danger mortel.
Léo distille une nouvelle histoire faite d’exotisme, de passion et de suspense. Malgré un dessin sans étincelles, paraissant sec et souvent à l’étroit, le propos accroche et la rencontre s’avère, une fois de plus, fort agréable.

DEXTER LONDON T.1 : Aventurier professionnel
LEO & GARCIA
Dargaud


 

La jeune carrière de cet indien métis doublé d’un agent du FBI aurait pu se briser sur le flop des éditions Le Téméraire. Mais le héros imaginé par Serge Perrotin pour le trait de l’illustrateur Gaël Séjourné a su séduire les éditions Soleil. Ainsi, le trouble qui s’installe dans les relations du ténébreux Lance et de sa partenaire Helen Catwright peut-il s’affirmer dans une quatrième aventure qui prend source dans la rivière Skeena en Colombie britannique. Dans cette région du Canada, la découverte du crâne du plus vieil habitant du continent porte à conséquence, surtout si le squelette s’avère être celui d’un blanc. L’origine du peuplement du continent peut être remis en cause ! Tandis que Lance poursuit une vieille connaissance échappée lors d’un transfert de prisonniers, les morts s’accumulent autour de la découverte. Le passé comme le présent le ramènent vers ses frères indiens, entre souvenirs tragiques et des croyances qui mènent même les plus sages au meurtre.
Si la mise en couleurs de l’album apparaît très critiquable (elle nuit au dessin...mais parfois elle masque aussi le manque de détails !), voilà un agréable thriller, que l’on pourra lire indépendamment des autres albums même si l’histoire de fond liée à la personnalité de Lance Crow Dog court sur l’ensemble de la série.

LANCE CROW DOG T.4 : L’homme de Kitimat
PERROTIN & SEJOURNE
Soleil


 

Dans une ambiance de fin du monde, Roland de Cremer s’égare sur des pistes mal entretenues, balayées par le sable que soufflent les vents du désert des Somonites. Le jeune homme avance péniblement vers son destin qui doit se jouer au Centre de Cartographie. Ainsi débute La frontière invisible, la nouvelle pièce que nous jouent Schuiten et Peeters au sein de cet ensemble magique que sont Les Cités obscures.
Nous partons alors, sous l’œil neuf du jeune homme, à la découverte d’un monde partagé entre le conservatisme, la rigueur du passé et le tourbillon affolant des perspectives des inventions modernes. A l’heure où les grandes cités pansent leurs plaies, la Sodrovno-Voldachie veut montrer sa puissance. L’heure est à la démonstration, à l’efficacité, au résultat immédiat. Le temps de l’analyse et de la méticulosité est fini. Roland va vivre cette révolution avec l’énigme d’une carte, l’énigme du corps de la jolie Shkodra...
Même si beaucoup regrettent le fait que cette nouvelle histoire soit coupée en deux albums, seul restera le contentement au sortir de ce très bel album qui accueille de nombreux thèmes chers aux auteurs. On progresse sous le charme d’un fantastique sans effets visant au spectaculaire, mais où tout est surdimensionné et décalé. Les auteurs imbriquent masses et structures, pour mieux entretenir cette confusion entre passé omniprésent et futur incontournable. Comme souvent, le trait et la précision de Schuiten forcent l’adhésion d’un lecteur conquis d'avance.

LES CITES OBSCURES : La Frontière invisible T1
SCHUITEN & PEETERS
Casterman


 

Que savions-nous d’Adrien Mandrill depuis quatre épisodes de ses (més) aventures menées par Frank Giroud et Barly Baruti ? Pas grand-chose vu ce qui l’attend dans Les orchidées de Volnaïev qui plonge ce polar pas mal troussé dans l’intrigue d’espionnage la plus pointue. Car l’individu, condamné à quinze ans de réclusion criminelle, se voit proposer un curieux deal par le service des renseignements extérieurs français en échange d’un passage d’éponge sur son casier judiciaire. Car nous avions un Mandrill, mais voilà qu’un second apparaît, oublié de tous car ramassé en 45 par les Russes lors de la chute de Berlin parmi les savants du Reich. Et oui, l’un est anar, l’autre est facho !... Et le facho est une pointure en physique nucléaire qui aides les Russes dans leurs essais au Kazakhstan. Comme les deux frères se ressemblent comme gouttes d’eau, voilà le Mandrill invité à prendre la place du savant pour mieux espionner l’ennemi rouge.
Une embrouille compliquée qui nous renvoie vers des souvenirs de films sur le temps de la guerre froide. Un album pour les nostalgiques du genre, au graphisme un peu vieillot (c’est pour coller à l’époque... 1952) et dont les couleurs ne sont vraiment pas un modèle du genre (l’utilisation du rouge sur les personnages est d’un vilain effet !).

MANDRILL T.5 : Les orchidées de Volnaïev
GIROUD & BARUTI
Glénat, collection Bulles Noires


 

Pour la fin de son premier cycle d’aventures,  John Doe est toujours en fuite, cela dure depuis un contrat mal géré dans Une pizza à l’œil  (hilarant premier album !), ce qui lui vaut les insistantes attentions d’une famille italienne. La poursuite continue à Londres, mais John Doe en profite pour se faire embaucher par l’Institut, une structure internationale non gouvernementale qui gère certaines affaires au mieux des intérêts de ses commanditaires. Un appui certain pour remonter la piste menant vers des dossiers très compromettants pour de grosses firmes internationales (ayant magouillé pendant la guerre de 39-45) sans se faire truffer de plombs par les Ritals surexités !
Baloo nous fait ce final à force courses-poursuites en voitures, en taxis, à moto ou en bateaux (y’avait pas d’hélicoptère de disponible), en passant par le Highate Cemetery, lieu de repos de Karl Marx ! John Doe et sa partenaire Aki se la jouent très speed jusqu'à un final où le soufflé retombe assez abruptement. Alain Henriet et Fred Besson poussent les possibilités de leurs outils graphiques à fond pour rendre cette farce aussi moderne que dynamique. C’est parfois trop net, trop “ lustré ”, comme souvent sur Photoshop, mais le résultat global est cette nouvelle pièce d’un univers fascinant.

JOHN DOE T.3 : London Pepperoni
HENRIET, BALOO & BESSON
Delcourt, collection Série B.

 


 

Pour ces deux premiers albums, Rocca livre, en deux époques fort éloignées, deux destinées qui mettent en avant l’effondrement d’un système, la fuite et la survie dans un milieu très instable.
Pour Aanthy, fils de l’intendant du Pharaon, le monde bascule quand prêtres et militaires renversent le pouvoir d’Aknaathon construit autour du culte monothéiste d’Aathon. Sa famille exterminée, il ne doit le salut qu’à une esclave (qu’il a auparavant protégée du sinistre Sostris) qui l’entraîne à sa suite pour échapper au sort funeste promis par le traître Sostris. Le jeune noble chute au plus bas, assistant à La fin d’un monde et découvrant la misère des plus humbles. Pour lui, il s’agit maintenant de se venger et de remonter à son rang !
Pour Le destin de Jasper Unluck, Rocca se situe en Floride, dans la première moitié du XIXe siècle. Jasper est esclave, mais a été choisi pour être le compagnon de jeux du petit maître, Ashley. De leur connivence naîtra l’impression de s’être élevé au dessus de la mêlée, d’être mieux considéré que les autres esclaves ! Une jeune pimbêche arrogante va le ramener à des réalités plus cruelles. Accusé injustement de tentative de viol, il doit fuir pour éviter la corde. Ce sont les marais de Floride et les Séminoles qui vont lui sauver la vie. Là, le destin va lui jouer un drôle de tour et l’entraîner vers un amour convoité également par le jeune chef Chekika et son “frère” Ashley, celui de la belle Heelolah, une métisse de Creek et d’Ecossais ! 
Deux histoire d’exclus, deux romances où Rocca brise les destins et catapulte ses personnages dans un maelström de sentiments contrariés et de haine.
Cassini, qui a déjà fait ses classes avec Rocca sur Bouffe-Doublon (Soleil), démontre un savoir-faire déjà évident sur une bande dessinée d’action qui demande quelques solides performances sur les tronches et les expressions des personnages. Cèbe la joue plus prudemment, avec moins d’aisance dans le trait sur ce qui reste un premier album plutôt bien appréhendé.
Amateurs de romance, de grande et petite Histoire trouveront là de quoi se divertir.

AATHON T.1 : La fin d’un monde
ROCCA & CEBE
SEMINOLE T.1 : Le destin de Jasper Unluck
ROCCA & CASSINI
Soleil


 

L'adaptation de Ghost World au cinéma remet très en avant l'oeuvre de Daniel Clowes. Pour ceux qui ignorent ce phénomène de la BD américaine, le film risque de déclencher l'envie de retrouver l'univers de Rebecca et d'Enid. L'éditeur, Vertige Graphic, l'a compris et ressort une version augmentée d'un dossier tourné vers le film de Terry Zwigoff (première édition en 2000). L'intérêt premier reste la vision que donne Clowes de ce passage de l'adolescence à l'âge adulte, rythmé par l'entrée en fac, les fantasmes amoureux et sexuels, la recherche du look, cet incroyable envie de paraître plus que de prouver par sa personnalité, cette soif d'un changement d'univers... Dans un monde vide de toute substance, Enid et Rebecca  cherchent à tromper l'ennui et la peur d'un lendemain sans véritable perspective. Elles trompent leur désabusement par des blagues stupides, parfois d'un goût douteux, travestissant souvent une réalité sans goût au gré d'une imagination versée dans le spectaculaire scabreux. Elles sont alors dans leur Ghost World, provocantes, in jurieuses et critique, souvent par crainte du pathétique.
Le sens de l'observation de Clowes fait merveille dans un type de BD introspectif qui peine toujours à trouver son public. Le succès du film devrait remettre en lumière ce monde fantôme qui nous est si proche.

GHOST WORLD
Daniel CLOWES
Vertige Graphic


 

Toujours aussi peu vêtue, Little Annie Fanny nous revient pour une série d’épisodes abordant les grands thèmes de l’âge d’or hippie des années 70 à 77. L’amour libre, le militantisme féminin, les communautés, la mode mini, maxi ou unisexe pour finir sur les tempos du disco. La blonde à forte poitrine fout le feu partout où elle passe et reste d’une naïveté époustouflante. Kurtzman et Elder pour un nouvel habile mélange entre l’humour déjanté de Mad et le voyeurisme sexy de Playboy.
A découvrir dans le T3 de cette intégrale sans égal.
 

LITTLE ANNIE FUNNY T.3
KURTZMAN & ELDER
Hors Collection


 

Sur la frontière oubliée d'une terre incertaine, un fortin délabré. Raspa y entretient son alcoolisme, Gorb y fait oublier sa désertion. Bravant les flèches acérées des rebelles Tadjuk, une estafette impériale vient faire halte en ce point d'isolement. A bord, une princesse tadjuque que les dragons impériaux veulent conduire de l'autre côté de la Grande Steppe. Alors qu'un nouveau roi s'annonce, derrière des villages et des champs dévastés par des géants de guerre invincibles, Raspa et Gorb doivent quitter leur paisible retraite pour mener l'énigmatique convoi au delà des contrées désertiques, vers un destin qui se décline au gré d'énigmatiques prophéties.
Dans l'esprit d'un western au temps de la conquête de l'ouest le plus sauvage, Termens développe une fantasy aussi énigmatique qu'envoutante. Il dresse les premiers renforts d'un territoire conquis par les légendes des aventuriers, ouvre les voies d'un empire chaotique et sauvage que le dessinateur Elias envahit d'un trait aux cultures multiples, celle du manga prenant souvent le meilleur sur l'européenne. Une folle aventure s'ouvre à nous, étonnante, emplie de dangers encore imprécis. Naüja est une nouvelle série très attrayante qui devrait combler d'aise plus d'un amateur d'aventure et de mystère.

NAUJA T.1 : La ballade de Raspa
TERMENS, ELIAS & CASTILLO
Paquet


 

Hé oui, l'heure est venue pour Romuald et Garulfo de se séparer. Alain Ayrolles tire sa révérence après une aventure originale au pays des contes et des légendes. Bien sûr, avant tout, il faut en finir de ce terrible tournoi face au Chevalier noir, il faut régler le sort de cet ogre redevenu assoiffé de sang et de carnage, il faut embrasser la princesse Ephylie pour que chacun retrouve sa place, pour que l'amour éclate au grand jour. Beaucoup de choses à régler qui demanderont, sueur, force, courage, mais ne pourront pas se faire sans quelques drames, beaucoup de frayeur et une énorme dose d'humour. Le scénariste s'en donne à coeur joie, puisant dans tous ces contes qui ont fait les joies de notre enfance, offrant un véritable récital de morceaux choisis pour terminer en apothéose une série admirable. Admirablement contée et superbement mise en vie par l'aisance du trait de Maïorana. Garulfo a retrouvé sa mare, sa reinette... nous avons désormais un classique à lire et relire, sans doute toujours avec beaucoup de plaisir.

GARULFO T.6 : La Belle et les Bêtes
AYROLLES, MAIORANA & LEPREVOST
Delcourt


 

Pour qui aime les contes et légendes de Bretagne, voici un album très intéressant. Les auteurs sont allé puiser leur inspiration près des récits laissés par Anatole le Braz, François Cadic, Jean Markale ou Yann Brekilien, autant de conteurs qui ont marqué de leurs voix l'âme d'une Bretagne à la culture ancrée dans le fantastique.
De vrais-faux débats ont été lancés sur la yaourtisation de la BD (voir BoDoï de mai 2002). C’est certain, les éditeurs réagissent de plus en plus en termes économiques, inondent le marché de jeunes créations parfois appelées avec le petit peuple. Car ici, c'est Koc'h, un Korrigan qui vous invite au mystère. Avec malice et à-propos, il vous invite à découvrir quelques trésors enfouis dans les tréfonds du repère de la sirène des îles Glénan, celui des Korrigans d'Erdeven ou dans la bosse d'un joueur de biniou de Quimper. Festivités, cultes et croyances sont dépeintes par Istin, Peynet et Michel, en trois histoires habilement montées dans le discours d'un Korrigan qu'on aura grand plaisir à retrouver pour d'autres trésors aussi joliment contés.

LES CONTES DU KORRIGAN T.1 : Les Trésors Enfouis
E. & R. LE BRETON, ISTIN, PEYNET et MICHEL
Soleil


 

Bloqué sur Doyle-1800, une planète menacée de destruction par une vortex glouton, Nao se voit opposé à une équipée de milliardaires amateurs de safari, disons tout court de carnage. Le précédent album, Fondation Aquablue, nous avait laissé sur la découverte d'une espèce intelligente primitive, les Cynos. C'est bien évidemment sur ces derniers que les chasseurs rêvent de faire des cartons, c'est grâce à ces derneirs que Nao retrouvera la sonde Icarus, premier pas vers le sauvetage de Doyle et de nombreuses planètes habitables.
Sur un scénario très linéaire, Cailleteau achève la première mission de la Fondation Aquablue. Nous sommes à des années-lumière de l'intérêt de la première série, l'aventure n'ayant d'intérêt que par la belle mise en place réalisée par Ciro Tota. C'est beau et dynamique, mais manque cruellement de saveur. Vivement une vraie relance sur Aquablue, comme celle annoncée dans le Pavillon Rouge de juin.

 

AQUABLUE T.9 : Le Totem des Cynos
CAILLETEAU & TOTA
Delcourt


 

Du coeur de l'univers partent douze fleuves d'énergie, autant de voies qui rejoindront les douze pôles du monde et ses douze nexus magiques. Qu'ils représentent la divination, la magie élémentaire, la nature ou la mort, ils doivent obéissance à l'Empereur Ipsime, seul garant que le fleuve jamais ne se tarisse. Mais le dernier Empereur est mort sans avoir le temps de donner le nom de son successeur. Depuis mille ans, ceux qui s'assoient sur son trône sont désintégrés dans une explosion de lumière primale. Pourtant, il faut maintenant absolument un successeur, voici le temps de la quête de la parole perdue.

Froideval est de retour pour un nouvelle illustration de sa verve satanique. La découverte se veut plaisante, plutôt bien illustrée par Guinebaud, dans un registre qui se veut assez léger et plutôt amusant. Créatures démoniaques et pouvoirs effroyables se bousculent à la porte d'un premier album parodique à souhait. Espérons une suite dans la même veine.

HARKHANGES T.1 : Les Arcanes
FROIDEVAL & GUINEBAUD
Albin Michel


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