| 18 mars 2002 |
Le billet d'EIFFEL
Quelques nouvelles lectures à l’affiche de SWOF version Net. Les plus curieux des passionnés de bandes dessinées retrouveront quelques échos parus dans L’Annonce-Bouquins du mois de mars, quelques infos publiées dans La Cité des Bulles n°4. D’autres papiers sont des versions remaniées de critiques à paraître en ce mois de mars dans le n°5 de La Cité. De quoi nourrir j’espère la curiosité de ceux qui auront vogué jusqu’ici ! L’Annonce-Bouquins est un fanzine mensuel où la BD en particulier et la littérature populaire en général s’échangent, se vendent, se recherchent, se critiquent... Des bonnes affaires, un écho pour les manques dans vos collections, des chroniques croquignolettes qui fâchent même le grand BoDoï ! L’Annonce-Bouquins, 121, av. Georges Pompidou, 33500 Libourne. La Cité des Bulles est une jeune revue trimestrielle (rappelez-vous quand SSWOF n’avait pas encore des pages chez Sémic ou échos dans Canal BD) dont la passion est la BD (étonnant, non ?). La première année se conclut après un n°3 autour de Gine, Brunschwig et Bailly et avec un n°4 qui accueille Tarvel, Dezago et Aouamri. Le tout lié par de très nombreuses infos, critiques et pages de jeunes talents. Venez prendre la température sur le site : http://lacitedesbulles.free.fr/ La Cité des Bulles, Frank Camous, Les Dominos D, 4, rue Antoine Groignard, 83200 Toulon.
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Un Peter Pan, cela doit se mériter vu l’attente (pour certains insupportable !) subie depuis Mains rouges, le tome 4 et Crochet, vedette incontestable du mois de janvier, et donc cinquième (et très attendu) album de Régis Loisel. Cela devait d’ailleurs être le dernier, mais les économistes de la maison Vents d’Ouest ont dû juger qu’une petite rallonge ne ferait pas de mal financièrement vu le succès de l’œuvre. Ceci explique ainsi peut-être cela si on pense que Loisel a certainement fait évoluer son scénario pour donner assez de pages pour atteindre 6 tomes. Bref, nous retrouvons avec plaisir Peter, même s’il est assez discret en ces pages, une île qui va devenir célèbre, des enfants abandonnés dans un Londres où traîne L’Eventreur, des Indiens et un fameux capitaine. Les pirates de l’acariâtre personnage doivent supporter son inconsummable désir de vengeance depuis que sa main droite a disparu dans le ventre du gardien, cet énorme crocodile tellement attaché aux basques de Crochet ! Un désir de vengeance entièrement tourné vers celui qui s’appelle maintenant Peter Pan. Loisel continue de narrer sa vision personnelle d’une aventure qui prend place juste avant le roman de J. -M. Barrie, oeuvrant sur la naissance du mythe. De la naissance d’un nom magique à celui d’un autre qui rime avec férocité, l’auteur navigue entre humour, légèreté, nostalgie, rêve, tristesse et cruauté. On glisse d’un sentiment à un autre dans un album qui n’est ni le meilleur, ni le plus riche en action des cinq (on peut même dire qu’il sonne un peu creux !), mais qui nous réinvite à la magie d’un dessinateur d’excellence qui se double d’un scénariste qui sait ménager de magistraux coups d’éclat ! Il était très attendu, parvient à convaincre et nous fait espérer que son épilogue ne se fera pas trop attendre. Ceci est bien sûr une toute autre histoire !
PETER PAN
T.5
: Crochet
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C’est décidément une grande année pour Christophe Blain, élu meilleur album à Angoulême avec Les Amériques, début de cette succulente série qu’est Isaac le Pirate, récidiviste heureux puisqu’il vient de rafler le Prix des Libraires Canal BD 2002. Vous verrez donc pendant une grande partie de l’année cet habile dessinateur parti illustrer l’aventure en pleine mer sur les 500 000 sacs distribués par les 120 libraires spécialisés regroupés autour du sigle Canal BD. Un auteur et une histoire en état de grâce (pourrait-on dire), attendus de pied ferme pour le second tome. Une attente non déçue puisque Les Glaces vient avec beaucoup de bonheur (même s’il n’y a pas le coup de cœur de la découverte) poursuivre le cheminement des deux vies séparées d’Isaac et d’Alice. Isaac vogue vers le bout du monde, vers des étendues polaires encore à découvrir. Dans la froidure extrême, il dessine sans relâche ces paysages maritimes, dans le beau temps comme dans les pires tempêtes. Il croque les tronches ravinées d’hommes durs face à l’aventure, à la mort, à l’inconnu. Lui aussi découvre, apprend, évolue, souffre et se languit de sa douce Alice. Pour la jeune femme l’absence pèse aussi terriblement, sonnant presque comme un sentiment d’abandon. Le propos de Blain est l’aventure humaine dans ce qu’elle a de plus folle, mais tire aussi vers l’émotion, la tentation amoureuse, la souffrance et le doute qui oeuvrent dans la séparation. Sa plume croque et griffe l’être humain dans sa plus grande dureté comme dans ses faiblesses les plus profondes. Les tableaux se succèdent, s’enchaînent dans un ballet habile et touchant. Les Amériques avait surpris et charmé, Les Glaces confirme qu’une série digne des meilleures est née ! Les Glaces (Isaac le Pirate T2) Christophe Blain, Dargaud, coll. Poisson Pilote
ISAAC LE PIRATE
T.2
: Glaces
BLAIN
Dargaud,
collection Poisson-Pilote
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Autre révélation confirmée en ce début d’année avec Adam Harishon, suite des aventures mouvementées du petite Gamaliel dans Les olives noires de Sfar et Guibert. Décidément, ces nouveaux noms qui s’imposent à nous depuis une petite dizaine d’années nous amènent des histoires étonnantes et rafraîchissantes. Dieu, bien sûr, est au centre de celle-ci, celui des Juifs dont le pays est occupé par les Romains. Séparé de son père emprisonné par ces derniers, Gamaliel continue ses étonnantes rencontres humaines et distille toute sa candeur mais aussi ses vérités d’enfant qui ne cherchent aucun détour. Amusante avec une galerie de personnages qui s’enrichit encore, déconcertante, toujours habile, l’intelligente mise en scène de Sfar profite du superbe dessin d’Emmanuel Guibert qui semble faire preuve d’une facilité sidérante. Il nous crédite de formidable scènes d’ombres bleu-nuit à l’image d’une couverture emballante. Même si le premier tome reste un ton au dessus, on ne peut que tomber sous le charme d’une aussi belle complémentarité.
LES OLIVES
NOIRES T.2
: Adam Harishon
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Tirésias-Thya, Thya-Tirésias, un homme et une femme pour un même corps, telle a été la volonté de la déesse Athéna. Le farouche et fier guerrier est devenu une femme désirée. Elle prendra courageusement la défense de Calypto face au rugueux Glaucon, tombera amoureuse du premier, lui donnera une petite fille avant d’être humiliée par le second. Ayant offert sa vie pour défendre l’être qu’elle aimait le plus, Athéna lui rend son corps d’homme. Tirésias revient alors parmi les siens où Thya lui a volé sa place. L’exil est alors son seul refuge, mais les dieux en n’ont pas encore fini avec lui !... Voilà La Révélation, second volet d’un superbe diptyque nommé Tirésias, un conte distillé avec beaucoup de subtilité par un Serge Letendre qui assène émotion, coups du sort et suspense, dans un récit sans faiblesse. Son complice, Serge Rossi, joue de finesse et de lumière, renouant avec la félicité déjà éprouvée dans A la gloire d’Héra, donnant juste encore un peu plus de force et d’élégance à son trait. Passion et humour, conte et mythologie, vengeance et tragédie, le cocktail est parfait et même magique.
TIRESIAS
T.2
: La révélation
LETENDRE & ROSSI
Après Les Traînes-Ténèbres (Soleil) qu’il propose avec esprit d’aventure et force comédie au dessin de Peter Nielsen, Brice Tarvel récidive en territoires de Fantasy avec La Couronne de Foudre pour Serge Fino (Les Soleils rouges de l’Eden, Les Ailes du Phaëton et Starblood, tous Soleil). Il nous livre une jeune femme abandonnée sur une croix, sauvée d’une sinistre vengeance alors que l’orage violente furieusement la forêt. On la reconnaît comme Dilys l’indomptable, guerrière féroce et invincible derrière la lice quand d’autres voient en elle la grande guérisseuse Amaya dont on parle dans les livres du Brouillard. On se la dispute furieusement et, parmi ce fracas, sa tête se débat dans une amnésie qui fait d’elle La Louve blessée. Le mystère est épais pour le début d’une histoire menée dans le but avoué de jouer de la carte de l’aventure et de la fantaisie. Serge Fino signe certainement son ouvrage le plus abouti, donnant à ses personnages une expressivité convaincante et à l’ensemble une bonne dynamique. Ce ne sera pas l’album de l’année, mais un bon divertissement pour les fans d’ambiances moyenâgeuses.
LA COURONNE DE
FOUDRE T.1 : La Louve blessée
TARVEL & FINO
Soleil Productions
Pour ceux qui aiment les héros bien campés, style loup solitaire traînant un ou deux secrets cruciaux dans sa boîte à souvenirs, la série Troisième vague au Lombard est tout indiquée. Elle a déjà fait ses preuves avec Alpha, Alvin Norge ou Niklos Koda, mais aussi avec Vlad, la créature du duo Swolfs/Griffo. En fuite dans les étendues glacées de Russie et accompagné du délégué de l’Organisation des Nations européennes pour la Paix, il s’égare dans une zone hermétiquement bouclée pour cause de contamination nucléaire. Entré en force dans cette Zone rouge, Vlad se retrouve coincé dans la cour de jeu d’un petit dictateur aux envies de grandeur démesurées. Vlad ne pense qu’évasion, mais la volonté de son ami Simon de mettre le nez dans d’énigmatiques expériences menées sur des enfants sera la plus forte. Dans un décor russe en pleine dérive, Swolfs nous donne la vision du monde qu’il sent venir pour un avenir plus proche qu’on le pense. Dans ce désordre qui profite aux maffias, Griffo étale une grande maîtrise pour produire le meilleur tome de ce thriller de politique-fiction qui donne au XXIe siècle un hideux reflet.
VLAD T.3
: Zone Rouge
SWOLFS & GRIFFO
Le Lombard
Beaucoup de légèreté et de bonne humeur dans Anges de Dieter et Boiscommun. Une église, un curé, un P’tit Louis comme homme à tout faire et des anges. Rien de plus normal, même si les anges, Jéliel etYésod sont un peu tendance, tirant sur le pétos et la dive bouteille. Seul problème, les chiffres du péché sont en hausse dans cette paroisse, va falloir se retrousser les manches, sinon c’est la mutation à Notre-Dame, l’usine quoi ! En fait, c’est bien pire, les démons ont pris possession des lieux pour oeuvrer au retour du grand Azazel. Avec l’aide d’Omaëlle, une petite nouvelle (présence qui les rendra un brin dragueurs), nos anges gardiens ont du boulot. Que voilà une jolie farce pour se mettre de bonne humeur. L’histoire est simple au possible, une confrontation supplémentaire entre le Bien et le Mal dans un style parodique. Dieter lâche là-dessus un Boiscommun toujours redoutable et admirable bretteur quand il s’agit de mettre en lumière des personnages aussi caricaturesques qu’attachants (le bougre s’est même permis de mettre Dieter et Goutal en scène !). Simplicité, humour, talent, voilà les ingrédients d’une BD fort réussie.
DIETER & BOISCOMMUN
Les Humanoïdes Associés
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Les fantômes s’invitent au cinéma, surgissant d’un drame fellinien qui se rejoue à l’infini. Dylan Dog y est invité et y perdra aussi le sens des réalités. Mais pour une jolie femme, il est prêt à perdre la tête et à vivre quelque Angoisse. Non content de se perdre entre rêve et réalité, le beau détective tombe amoureux dans une seconde aventure qui porte le doux nom de Margherite, une jolie fleuriste (sic !) qui se métamorphose à loisir. Qu’il est difficile d’aimer un être caméléon qui vous ressent et vous voit de la même façon. S’aimer en passant du plus jeune âge à la vieillesse la plus décatie en seulement quelques instants, voilà un défi difficile qu’ils vont relever dans la souffrance. Sur la ligne fluide du N & B de Carlo Ambrosini, Tiziano Sclavi nous convie à deux originaux cauchemars où Dylan Dog subit plus qu’il n’enquête ! Cela sort d’autant plus des sentiers battus, surtout pour le très réussi second épisode. Une troisième invitation intéressante dans les cauchemars de cette série fantastique populaire.
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Restons dans le N & B avec un maître en l’espèce, toujours italien, puisqu’il s’agit de Sergio Toppi. On entre en pays de légendes avec Myetzko, un nouvel hommage que rendent les éditions Mosquito à ce génie du trait et de la plume. Deux récits qui content les esprits et passent au-delà de la compréhension humaine. De la taïga enneigée aux creux des tranchées de la Grande Guerre, esprit moqueur et pacte ancestral touchent des hommes qui avancent sans voir courir la mort. Toppi découpe, triture, déchire l’espace de la page en un ballet graphique envoûtant. Il y a un peu moins de folie que dans Sharaz-de (également Mosquito), mais de très nombreuses cases sont de véritables chef-d’oeuvre techniques où l’intérêt scénaristique cède la place à la magie du dessinateur. Un vrai régal pour l’œil.
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De son travail d’illustratrice (très nombreuses couvertures de romans de science-fiction et de fantasy), Florence Magnin est sortie à deux reprises, accompagnée de Rodolphe au scénario, afin de nous livrer deux superbes diptyques, L’autre monde et Mary la Noire. Pour sa troisième incartade en bande dessinée, elle a elle-même écrit l’histoire de L’Héritage d’Emilie, prévue en trois albums. D’une jeune danseuse du Moulin Rouge, elle fait l’héritière d’un manoir irlandais, un héritage dont on cherchait le bénéficiaire depuis plus de cent ans. Nous sommes en 1923 et la jeune fille, tout juste virée de son boulot, décide de traverser les mers et d’accepter l’aventure qu’on lui sert sur un plateau ! Une aventure qui la ramène en terre de légendes, vers une fortune faite lors du pillage d’un cairn, vers un certain John Hatcliff et son passé qui hante encore le souvenir de certains. Séparant son récit en deux, entre passé et présent, Florence Magnin nous donne une mise en place très cohérente, aussi dense qu’énigmatique. Elle ouvre de multiples tiroirs qui feront la teneur de son cycle, garantissant nombres interrogations au lecteur et l’entraîne vers ce monde féérique qu’est son style graphique. Le trait est fin, expressif, vise au détail et à la grâce, les couleurs se fondent entre bleu et vert omniprésents, des rouges flamboyants et des jeux de lumière qui incitent à la rêverie. Car si l’histoire prend un tour réussi, le plus beau est d’explorer cet univers magique qu’est une scène imaginée et décorée par F. Magnin.
LE DOMAINE HATCLIFF
Florence
MAGNIN
Dargaud
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Clio vit avec les peuples des plaines établis en clans, ils sont les cavaliers du centre du monde. Depuis qu’elle a sauvé Anto, un soldat du Nord tombé dans une machine volante, leurs destinées ont été liées par les Dieux. Le Sud et le Nord préparent leurs machines sophistiquées à la guerre et n’hésitent pas à envoyer leurs hommes négocier pour entraîner les clans des lacs vers le futur conflit. Pour éviter le pire, Clio et Anto sont envoyés en émissaires de paix vers la métropole du Nord. Mais la naïveté n’aura aucune prise sur la ruse et la fourberie des militaires et autres technocrates. Remarquée dès la sortie du premier tome, la série Les Icariades des jeune espagnols Termens et Efa s’enrichit d’un second volume en tous points captivant. L’aventure se veut étonnante (redonnant beaucoup de crédibilité au genre Fantasy), sensible, profondément humaine et met en avant un dessinateur véritablement original dont l’évolution est sidérante d’un album à l’autre, notamment sur le plan des couleurs. Les Editions Paquet n’ont de cesse de surprendre en investissant sur de nouveaux auteurs internationaux. Avec ces deux créateurs, elles ont une fois de plus créé une jolie surprise. On en redemande.
LES ICARIADES T.2
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On les a arraché à leur terre pour en faire des combattants ou des cobayes. Toran, Laona, Tito, Tira et Doli, pour les hommes, ils ne sont que d’étranges animaux aux formes humanoïdes. Pourtant, Toran évolue, apprend à communiquer, à passer même un marché avec ceux qui le dominent. Mais sa mutation en homme-papillon lui coûtera une défaite dans son premier combat, un abandon en pleine mer comme un corps sans vie laissé aux poissons... Heureusement surviendront Les Sirènes. Remarquée comme la plus belle pierre de la maison Nucléa, la jeune série Toran s’offre un second titre très réussi. On pourra chipoter sur quelques défauts de dessin pour Peynet qui a bien du mal avec les pieds de ses personnages (va falloir s’entraîner !) et doit s’obstiner à bien finaliser son trait, mais l’ensemble est généreux pour une histoire qui tient fort bien... la mer ! Isabelle Plongeon confronte la simplicité et la joliesse de ses personnages à la cruauté de l’homme face à tout ce qu’il peut exploiter . Dans Eloïms (Nucléa), elle révisite le mythe de Caïn, ici c’est David contre Goliath dans une version très exotique. Une grosse dose d’exotisme.
TORAN T.2 : Les Sirènes
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L’Héroïc-Fantasy a connu nombre caricatures (souvent bâties à partir du modèle de Conan le Barbare), Krän en est une de plus, poussant le tableau du côté noir de la force ! Cette fois, la créature barbaresque d’Eric Herenguel se voit engagée au grand tournoi de la ville de Fourbulus, suite à une sombre histoire d’assurance incendie fort mal négociée par Kunu. Pas de problème, lui aussi va payer de son corps. Dragons, géants, guerrières body-buildées, nains et autres trolls sont de la partie. Normal, y’a toujours de la bagarre à Vitroll (sic !) . Cherchez pas les finesses, c’est du fort en gueule, Hérenguel fait dans le calembour en gros, entre un pet et deux rots, ça se castagne et éructe à tout-va. Qu’on se le dise, Krän est un barbare et il ne reçoit pas dans un salon de thé.
KRAN T.4 : Le grand Tournoi
Eric
HERENGUEL
Vents d'Ouest
Fin de premier cycle pour Aménophis IV, thriller science-fictif mené par Dieter, Le Roux, Manchu et Hubert. Sur une planète hostile, une base où tous vivent dans la crainte du psychopathe qui tue au nom de Dieu. Dans ce microcosme à l’ambiance électrique, l’officiant John Barhile craint pour Démy détenue par le furieux. Lorsqu’on retrouve le corps de la jeune femme, le prêtre craque et s’oppose violemment à ses dirigeants qu’il suspecte d’en savoir plus long qu’ils n’en disent. En fait, le secret est un loupé scientifique, l’histoire d’une spore meurtrière qui se balade dans la base. Le suspense entretenu dans le premier tome accouche d’une souris. Après une mise en bouche plutôt satisfaisante, ce thriller ne fait guère frémir dans un scénario où les personnages font dans la démesure grotesque. Je mets mon espoir non pas en John Barhile, mais dans un cycle à venir un peu moins stéréotypé.
AMENOPHIS T.2 : Mink
DIETER,
LE ROUX, MANCHU & HUBERT
Delcourt
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Le « Cygne d’argent » est une de ces maisons accueillantes où les bourgeois du pays venaient se détendre en galante compagnie. On y retrouve Monge au moment où Rosine, une des filles du bordel, est retrouvée morte, surinée par un malfrat à son tour éliminé et jeté à la Seine. Une affaire pour le médecin enquêteur qui découvre vite qu’elle s’annonce plus que crapuleuse. Des grands de ce monde ont intérêt à faire oublier Rosine et son passé, alors qu’une société secrète, les chiens rouges, montre le bout d’un museau menaçant. Vite, tous sont contre le trop curieux docteur ! L’enquête est passionnante, dans un Paris du XIXe que Chabert dépeint dans de longues et grandes fenêtres qui fournissent au montage un décor riche en architectures. Du Paris crapuleux au Paris luxueux, on visite alcôves et catacombes sans s’ennuyer une seconde sur une affaire qui demandera à Bardet un second tome pour atteindre son épilogue.
MONGE T.4 : Le Cygne d'argent
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Ils se nomment Alak et Herrick, ils viennent chercher le guide, celui qu'ils appellent Khatédra. Seul l'élu, un enfant venu d'un autre monde peut mener la lutte face aux féroces Houargs ! Le jour de ses 13 ans, Félix fait Le voyage et passe alors de l'autre côté pour découvrir qu'on l'attend comme un Dieu. Devenir le maître incontesté du Pays, approcher la violence, l'horreur, la torture, l'enfant du XXIe siècle va vivre une aventure aussi extraordinaire que cruelle. Le retour brutal dans son ordinaire n’en sera que plus difficile à accepter. Du rêve au cauchemar, le passage s’avère souvent étroit ! Dans le fracas des armes et des joutes de palais, Ange noie un ado dans un monde de Fantasy qui ne se joue pas en vidéo. L'histoire est séduisante, malgré des personnages un peu caricaturaux et un dessin de Castaza encore vacillant sur certains volumes et perspectives. Un potentiel certain malgré ce petit manque de technique. L
KHATEDRA T.1 : Le Voyage
Ange & CASTAZA
Soleil Productions
Dans le second tome d’Eloïms, après l’exil, le groupe de Caïn connaît l’anéantissement. Abattu et épuisé, il croit trouver un refuge près de Leïa qui va lui faire L'initiation de ses techniques de combat. Il est en fait au plus près de celui qui a cherché à le tuer. Le Maître va d’ailleurs le repérer, tout comme ses fils, issus eux aussi de la chair d'une humaine et d’un être d’une autre dimension ! Dans un esprit très manga, Isabelle Plongeon poursuit cette histoire assez simple d'un enfant répudié, d'un être puissant qui se cherche entre hommes et dieux. Elle passe tout en puissance, s'appuyant sur l’originalité du dessin et des couleurs de Zerriouh. Tous les effets, notamment de cadrages, ne sont pas toujours parfaits (nos auteurs en font parfois trop !), mais cette bonne dynamique va trouver un public, c'est sûr !...
ELOIMS T.2 : L'initiation
PLONGEON
& ZERRIOUTH
Nucléa
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Renouant après d'illustres prédécesseurs (on pense à Tardi) avec les horreurs de la Grande Guerre, David B nous entraîne sur les pas de Jan Van Meer, un agent employé par les services secrets pour rechercher l'ingénieur Hellequin, l'inventeur du Canon à Rêves, du barbelé végétal, des Hommes de Terre (fabriqués à partir de pommes de terre)... Il faut le chercher, mais pas le trouver, car Van Meer doit servir à promener les espions allemands pendant que les alliés s'occuperont des affaires importantes de la Guerre ? Mais Hellequin apparaît et disparaît à sa guise, créant un sacré bordel dans les plans des belligérants qui craignent tout de même ses étranges créations et sa faculté à lire les ruines... La lecture des ruines est un livre d'une incroyable richesse, d'une imagination folle et d'une férocité absolue, cet album témoigne de la folie humaine, scrutant tous les recoins où se cachent la peur, la superstition et les croyances morbides. David B. vogue entre rêve et cauchemar, passion et folie sur un scénario ambitieux cadencé par un dessin ample, envoûtant, obsédant et des textes inspirés. Le plaisir est permanent durant les 76 planches et un petit cadeau final en guise de supplément. Une bande dessinée qu’il faut primer à Angoulême !
LA LECTURE DES RUINES
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Alfred et les citrouilles assassines sont de retour pour la conclusion d’une aventure très imaginative. La pluie d'Abraxas étend son humidité corrosive autour du Grand Théâtre du roi de l'illusion, Mordhom. C'est près du maître que le candide Saturnin Duvernois espère découvrir la magie, mais surtout veut-il retrouver ce lien perdu depuis si longtemps avec sa mère. Il va la croiser, fantôme protecteur maintenu en esclavage et privé d'un juste repos par l'infâme magicien. Car l'étrange personnage a voué son âme à Amphytrias, Roi de l'Entraille et maître des morts et des esprits. Et ceux qui veulent briser ce lien sont forcément en danger... Avec Le rideau gris, Corbeyran signe magnifiquement la fin d'une histoire aux humeurs fantastiques. L'univers est baroque, empli des surprises réservées par un dessinateur au trait aussi économe qu'original. La sortie d'Abraxas sonnait l'arrivée d'Alfred, ce second tome confirme un talent multiple.
ABRAXAS T.2 : Le rideau gris
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Quand Ar'n et Slhoka se crashent sur une île que la guerre a oubliée, c'est un paradis vert qu'ils découvrent. Un havre de paix, d'équilibre, d'émotion... Ils pensent être au-delà du conflit qui oppose l'Okrane à la Zeïde. Oubliés les pillages et les morts qui faisaient inlassablement leur quotidien. Mais cela ne durera qu'un temps, le temps d'un nouveau massacre aussi féroce que gratuit, un massacre qui fera basculer Slhoka du côté de Shani, un symbole de puissance, de vengeance et de malheur ! Dans un style mariant manga, dessin à la Varanda et aventure endiablée, Shloka fait des premiers pas plutôt assurés dans un genre qui relie science-fiction et fantasy. L’histoire d’un jeune guerrier qui se rebiffe contre ses anciens maîtres quand l’absurdité de la cruauté guerrière vient le frapper de plein fouet. Une histoire d’amour aussi où la magie et le mystique vont jouer un grand rôle. Dynamique à souhait.
SLHOKA T.1 : L'île oubliée
GODDERIDGE
& FLOCH
Soleil Productions
L'Epervier poursuit ceux qui lui ont volé son navire pour chercher le trésor de Kermellec dans les eaux du Mahury. Nous sommes à Cayenne où Yann de Kermeur retrouve ses racines, ses amitiés et ourdit un plan ingénieux pour récupérer sa "Méduse". Le spectacle est toujours sur les mers, sur ces bateaux si précisément détaillés, mais aussi dans la forêt guyanaise qui serpente le long des plages de l’embouchure du Mahury. En feuilletoniste averti, Pellerin ouvre son univers à d'autres réalités, creuse la psychologie de son héros, dans une élégance de trait et une qualité de mise en couleur confirmées. Comme pour prouver ces dires, Canal B joue du coffret pour évoquer dans un second album, le superbe travail de l’auteur. Ce dernier y évoque la naissance de la série, le travail d'écriture, de documentation, de recherche de personnages, ses envies graphiques. Découpages, crayonnés, mises en couleurs se succèdent sous les commentaires d'un artiste perfectionniste. Pour Le trésor du Mahury, les très nombreux amateurs d'aventure maritime seront forcément du voyage. Le travail de Pellerin est aussi mis en valeur sur un CD-Rom (Mac/PC) des éditions Jotim, Sur la chaise de l’auteur. Une visite qui démarre de cette chaise, furetant sur la table à dessin, passant aux secrets conservés sur les étagères ou dans le moindre recoin de l’univers de l’auteur. Beaucoup d’images, bien sûr, pour illustrer une biographie, quelques vidéos venant donner vie à la promenade. Un objet pour passionnés, une intéressante initiative qui pourrait connaître un futur avec Rossi, puis Vicomte.
L'EPERVIER T.5 : Le trésor du Mahury
Patrice
PELLERIN
Dupuis, Collection Repérages
Initialement parues sous label Le Téméraire, voici une nouvelle mouture des histoires de Sorcières de Chabouté. Toujours fidèle au noir & blanc, l’auteur complète son premier essai de quelques clins d'oeils supplémentaires aux sortilèges de la campagne profonde. Mauvais oeil ou superstition, radotages et sorcelleries, tarots et épingles de mort sont là entre farce macabre et mauvais sorts. La peur et l'ignorance propagent la mort et la folie quand Chabouté s'appesantit avec bonheur sur les redoutables mauvais coups qui sévissent dans les bocages. Humour noir évidemment au rendez-vous !
SORCIERES
CHABOUTE
Vents d'Ouest
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Orphelin d’un père encombrant, Eric Lerouge ne désespère pas de retrouver grâce près de l’Amirauté, même si Baba, Triple-Patte et Anny Read lui rappellent sans cesse qu’il est et restera dorénavant un pirate ! De Panama, ils espèrent rejoindre Porto Bello, se joignant à un convoi si solidement escorté que Baba y renifle vite l’odeur du trésor. Pendant la dangereuse traversée du territoire des indiens Chocos, Anny éprouve le besoin de livrer quelques-uns de ses secrets à Eric, un retour sur une époque où elle se nommait Elisa Davis, une jeune fille qui allait croiser le chemin de Barbe Rouge. Sur une double ligne narrative, Perrissin et Bourgne confirment leur talentueuse reprise en main de la série de Charlier et Hubinon. L’absence physique de Barbe Rouge est utilisée à merveille pour mettre en valeur les seconds rôles de la série, reliant présent et passé avec bonheur, pour finir par explorer les zones mystérieuses de cette vie d’aventurier. Perrissin joue sur du velours entre tempêtes et pluies, entre mer et forêt tropicale, Bourgne travaille tout en finesse et en élégance, un travail qui profite des excellentes couleurs de Chagnaud. Beaucoup de bonnes raisons pour succomber à cette nouvelle aventure !
BARBE ROUGE
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Le fléau des Dieux a déboulé chez Soleil comme un véritable Ovni digne de la maturité d’une série moins ciblée ados comme Universal War. Avec dies irae, une deuxième apparition se fait aussi lumineuse. Celle qui est devenue Kerka, déesse du Chaos, se réfugie dans un mutisme total depuis qu’Attila a conduit ses hommes vers le plus sanglant des conflits, la quête de l’Orbis. Autrefois, elle s’appelait Flavia Aetia, fille de gouverneur romain. Aujourd’hui, Attila a tué ses parents, détruit sa planète. Pour lui laisser faire son deuil, le Hun accepte qu’elle rejoigne Sirnium, accompagnée du fidèle Ebarse. En fait, elle découvrira comment Attila s’est ouvert les portes de l’espace, des secrets des coordonnées stellaires, comment il s’est servi d’elle, abusant de son humanité. Un nouvel embrasement s’annonce... Cette histoire du combat d’Attila et d’Aetius (devenu Aétia) réinventée par Valérie Mangin retrouve toute la puissance découverte dans le premier tome. La fresque historique reprend sa dimension galactique, développant une incroyable puissance entre SF et Fantasy. Une formidable épopée développée par un graphisme saisissant qui colle parfaitement à la barbarie ambiante et au décor « space-opera ». Aleksa Gajic se fait flamboyant, avec une mise en couleur directe qui devrait vite lui donner la reconnaissance d'un Marini. L’aventure doit se poursuivre sur trois autres albums. On ne peut qu’en être ravis !
LE FLEAU DES DIEUX T.2 : Dies Irae
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Passée à tabac par son mac alors qu’elle est enceinte, Museline met au monde Raphaël et rumine une vengeance définitive pour se libérer, elle et ses amies de tapin du salaud qui les tient sur le trottoir. 30 ans plus tard, elles sont dans le quartier de Bacalan à Bordeaux. Marie-Ange a élevé Raphaël, Monique ne sait plus que faire de ses fils, des triplés noirs doublés de voyous, Museline, aux rondeurs pachidermiques, vend toujours ses charmes et est devenue l’égérie d’une zone où se mélangent black, beurs, blancs. Au milieu des trafics et des rapineries, Raphaël veut tester les charmes de la Messaline des faubourgs. Bien sûr elle s’y refuse, semant la graine d’incompréhension... le drame peut commencer ! Le singe et la sirène voit défiler une galerie de portraits époustouflante en forme de micro observatoire d’une banlieue colorée et agitée., Angeli et Dumontheuil s’y baladent entre parodie, caricature et tragédie. Une affaire de famille sordide où le dessinateur a pu forcer le trait sur les tronches et les ambiances zonardes, une étude de moeurs où la scénariste insiste sur les tics et le verbiage du ghetto. Un singe, une sirène et la vie, pas si simplement !
LE SINGE ET LA SIRENE
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Posséder une machine à voyager dans le temps, de nombreux hommes en ont rêvé ! Que de fortunes à amasser, de merveilles à découvrir ou simplement de petits accrocs à la vie à corriger. Les marins de l’Héloïse l’ont compris (voir Mer calme, Temps variable), leur machine peut vraiment changer le cours de leur vie. Petit problème, ne pas se tromper dans les manipulations. Et c’est justement ce qui arrive dans cette aventure où le pilote occasionnel au lieu d’un an en arrière embarque tout le monde pour la préhistoire, 100 millions d’années trop loin. Avec ce grand saut dans le passé, Counhaye expose ses personnages aux dangers des grands dinosaures et de l’impitoyable tyrannosaure. De plus loin qu’eux, d’autres aventuriers se sont aussi offert un petit voyage dans le temps, ce qui ne manquera pas d’ajouter un peu de piment à l’affaire. Le souffle de l’aventure pour un voyage plus light que Jurassic Park en effets spéciaux mais qui correspond bien à la définition « à lire de 7 à 77 ans » !
L'HELOISE T.2 :
100 millions d'années trop loin
COUNHAYE
Lombard