| 23 avril 2002 |
Le billet d'EIFFEL
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LITTLE BIG JOE T2 : Mourir
les bottes aux pieds
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Green Manor en est aussi au stade du second album. Rappelez-vous, Assassins et gentlemen, un régal d’histoires à l’humour très sombre autour desquelles des notables de l’aristocratie britannique partageaient quelques bons toasts. Nous entrions à pas feutrés dans ce Club du bon goût et de la bienséance pour y découvrir nombre meurtriers en puissance. Bodart et Vehlmann faisaient mouche dès leur premier album près d’une presse sous le charme. De l’inconvénient d’être mort récidive avec la même originalité, les auteurs nous conduisent dans l’intimité et le calme de Green Manor, laissent filtrer les premiers échos d’une énigme ou d’un drame naissant pour nous conduire droit vers une chute aussi surprenante qu’inattendue. C’est l’art de la short-story mise en images avec superbe. On espère que ce duo nous régalera longtemps de sa grande inspiration.
GREEN MANOR T2 :
De l’inconvénient d’être mort |
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On quitte le bon goût avec le Dirty Henry de Jenfèvre et Richez. Les jeunes éditions Bamboo se sont installées dans le créneau occupé par Dupuis de l’album de blagues en une page. Des blagues souvent à dix balles dont les situations se répètent malheureusement trop souvent d’un thème à l’autre. Il y a un public qui semble s’en régaler. Tant mieux pour lui! Derrière le succès de la série Les Profs de Pica et Erroc, s’agglutinent Les Gendarmes (salut Philippe!), Les Fonctionnaires et, maintenant, ce flic ripoux jusqu’à la moelle, Dirty Henry. Flanqué de son chien Bullet (le meilleur personnage de l’album) et d’un jeune stagiaire à qui il montre toutes les ficelles du métier, l’affreux expose tous les bénéfices qu’un flic peut tirer de sa position de force. Nul n’est censé ignorer ma loi ne fait pas dans la finesse et pousse même parfois le bouchon un peu loin. On y trouvera tout de même quelques bons gags (heureusement!) entremêlés de quelques excès de très mauvais goût. DIRTY
HENRY T1 : Nul n’est censé ignorer ma loi |
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Dans ce
type de produits, Olis et Gilson proposent Révision de printemps,
le T8 de Garage Isidore. Avec un constat de lassitude
devant des situations exploitées trop souvent. C’est poussif, il doit y
avoir un problème de carburation. PEDRO LE COATI T2 |
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C’est vrai, les séries
à thème connaissent toujours une limite dans leur originalité et finissent
presque toutes à s’user au fil des tomes. Des exceptions existent et
Calvin et Hobbes en est certainement un des plus extraordinaires
exemples. Pour preuve le tome 21, Je suis trop génial, qui
voit cet étonnant couple de personnages (n’oublions tout de même pas les
parents de Calvin) nous étonner dans l’expression la plus courte de l’humour
BD, le strip de 1 à 3 ou 4 cases. Bill Watterson exploite depuis des années
cette extraordinaire idée de conter la vie d’un enfant flanqué d’un animal
familier issu de son imaginaire, n’oubliant pas au passage de faire office
de journaliste, en observateur qu’il est des grands comme des petits
événements de la vie.
CALVIN ET HOBBES T21 : Je
suis trop génial |
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Plutôt cool et gentillet, c’est La bande à Billy, le retour de Billy the Cat (T7) dans l’esprit de la série animée qui passe sur France 3. Desberg abandonne le récit long pour de courts épisodes qui permettent de retrouver le chien Saucisse, Monsieur Hubert, Mademoiselle Cha-Cha... Un dessin tout en rondeurs qui voit l’arrivée du québècois Marco Llin auprès du belge Colman. Sympa, mais de plus en plus à réserver à un jeune lectorat.
BILLY THE CAT T7 : La bande
à Billy |
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Humour jaune pour
Les Eaux lourdes, vision décalée d’un scénario catastrophe signé Patrice
Larcenet pour son frère Manu Larcenet. Nous sommes dans Les Entre-mondes
(T2) pour rejoindre Davor Lenko alors qu’il fait sa ronde dans une centrale
nucléaire bien pourrie de cette bonne Russie. La vodka aidant, il s’égare en
poussant une porte qui le propulse dans un univers alternatif, celui d’après
l’accident, alors que les nuages rouges ont propagé le Kan-Cer et déformé...
les difformes. On y attend le prophète. Et oui Davor, cela m’a l’air d’être
toi !
LES
ENTRE-MONDES T2 : Les Eaux lourdes |
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Deux vampires tout d’abord pour deux séries qui sont déjà des classiques. Le Prince de la Nuit de Swolfs clôt son premier cycle avec le T 6, Retour à Ruhenberg. Vincent vient traquer la bête, l’ennemi héréditaire jusque dans sa tanière. Kergan est en train de négocier une entente avec les nazis, le Reich-Führer Himmler en personne s’est déplacé dans ce petit village où règne la terreur. Le vampire boit le sang des vierges de Ruhenberg et promet aux Allemands mille ans de pouvoir. C’est avec la douce Léona et une bande de romanichels que Vincent parviendra enfin à mettre un terme au règne de Kergan. Réalisme et amplitude pour un trait assuré et souple. Une fin qui n’est bien sûr que provisoire, Swolfs jouant ici très classiquement du thème du vampire pour mieux relancer une série ténébreuse à souhait Second maître de la nuit que le seigneur Colbus, devenu vampire par malédiction dans Le Roman de Malemort que nous conte Eric Stalner depuis trois albums. L’auteur va au bout du secret maudit partagé par Colbus et l’inquisiteur Aymon de Montgarac et met une conclusion à cette histoire qui dure depuis trente ans. Au milieu du drame, la douce et jolie Anthéa, emportée dans la tourmente et l’esprit de vengeance du religieux, ira jusqu'à accepter Le don du sang. Trame classique pour dessin très réaliste, Eric Stalner est là où il réussit le mieux, dans une histoire sans grandes secousses, mais qui finit par s’emballer pour un final très enlevé. Malemort n’a néanmoins pas fini de se raconter. On y reviendra donc avec plaisir !
LE PRINCE DE LA NUIT T6 :
Retour à Ruhenberg
LE ROMAN DE MALEMORT T3 : Le
don du sang |
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Ce sont les routes de
campagne que l’on arpente avec Bruno Heitz pour une sordide affaire de magot
sise à Beaulieu-sur-Morne. Si vous l’avez déjà accompagné dans un de ses
polars campagnards (5 parutions au Seuil), c’est avec plaisir que vous
prendrez le train avec son épicier-détective. Embarqué pour un long périple
en direction du Chili à la recherche de sa belle-sœur, la Rose, il va finir
par bifurquer vers Tarascon à la suite d’un curé bien secret suivi lui-même
par un drôle de paroissien, un des sinistres frères Figoulon. Le voyage au
long cour sera inutile, la solution est tout bonnement Au bout du
canal.
AU BOUT DU CANAL |
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Retour en couleur pour le Corto Maltese d’Hugo Pratt. Si pour vous les histoires de Corto toujours un peu plus loin ne sont qu’un vague souvenir ou font partie de vos oublis, Lointaines îles au vent en reprend 3 aventures, mises en couleur d’après la publication italienne originale. D’une amnésie qui le touche au Vénézuéla à l’île de Port-Ducal pour une expérience de vaudou, Corto Maltese court l’aventure avec désinvolture, se fait une légende et devient indispensable à une multitude de lecteurs sous le charme. La passion est ravivée par ces couleurs douces pour donner une seconde vie au héros "Maltais". Ne le loupez pas et guettez déjà la parution pour avril de La Lagune des mystères qui reprendra les 2 dernières histoires mises en couleurs de Corto toujours un peu plus loin qui le mèneront de la Lagune des Beaux Songes à la superbe Venise italienne en pleine guerre, suivies de 2 histoires également mises en couleurs des Celtiques.
LOINTAINES ILES AU VENT |
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Luxe, calme et volupté, voilà un titre qui ne pouvait que mieux présenter l’ouvrage que consacre la collection Raconteur d’images des éditions Mosquito à l’auteur de Max Fridman ou Jonas Fink, l’italien Vittorio Giardino. D’une sérigraphie pour Little Ego au très sensuel strip-tease final de “Fenêtres de nuit” de la librairie Raspoutine à Lausanne, la rencontre se déroule effectivement dans un calme formidable, une oasis de paix où sont invitées les femmes de Giardino, fines, élancées, gracieuses, tendres, sensitives, parfois friponnes, toujours très classe. Parfois le luxe s’invite entre coupes de champagne et robes de style, mais bien vite l’auteur retourne vers des extérieurs ensoleillés, brise douce, mer bleue, sable fin... La balade est aussi reposante qu’éblouissante, on se régale de la finesse du trait, de la douceur des couleurs et on se réjouit du délicieux esprit glamour installé tout au long de 96 pages absolument magnifiques
Dans la même collection
et dans le même format à l’italienne presque carré, on change radicalement
de style pour Travail au noir et en couleurs de Mezzo. On
entre en pays de contrastes et de provocation. L’artiste se veut mouvement,
humeurs, il aime le cuir, la chair, la peur, la mort. Tatoos, tabous,
fétichisme s’affichent de couvertures de CD en logos et autres sérigraphies.
Le polar le plus noir s’est invité, le rock et la musique sont omniprésents,
Mezzo rappelle qu’il aime les couvertures de comix et les affiches de cinéma
série Z. L’animal se fait force brute, abrupte, les chiens déchirent, les
chats lacèrent.
Luxe, calme et
volupté de Vittorio GIARDINO
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Très étrange univers que celui des Hérésiarques des Espagnols Carlos Portela et Das Pastoras. Un premier écho immédiatement rendu par l’oeil, intrigué par les formes, l’esthétique très brute qui navigue entre rudesse des personnages et un onirisme très présent. Un second vite relayé par la lecture qui renvoie un habile mélange de mythologie et de fantastique. Nous sommes en un pays où la tradition honore le dieu des morts, Madorak. Pour ramener celle qu’il aime des berges funestes où elle va accoster, Angor part défier le gardien des âmes creuses. En ce pays de force brutale, la quête d’Angor se pare de bêtes monstrueuses, des deïtés infernales et d’âmes corrompues. Le voyage est franchement très bizarre, parsemé de surprises scénaristiques et d’un graphisme quasi dantesque. L’âme creuse est une nouveauté vraiment bienvenue dans un catalogue des Humanos de plus en plus éclectique.
LES HERESIARQUES T1 : L’âme
creuse |
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Koblenz
se rend au Japon pour sa troisième aventure. Avec Dernier hiver à
Ishiyama, Thierry Robin confronte sa créature au cœur de fer à une
monumentale machine de combat qui détruit les hommes du seigneur Yamaoka. Le
défi est clair, mais Koblenz a compris le véritable drame qui se noue
: un monde nouveau est en marche et va submerger celui du code d’honneur des
samouraïs. Yamaoka ne veut pas l’accepter et, pour garder un infime espoir
de conserver son art de vivre, donnera dix ans de sa vie pour que Koblenz
cherche la faille du géant de métal.
KOBLENZ T3 : Dernier hiver
à Ishiyama |
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On continue de découvrir les origines de La caste des Méta-Barons avec Aghora le Père-Mère, septième opus d’une série concoctée par Jodorowsky pour le dessin de Juan Gimenez. Alors que Dona Vicenta se meurt, elle accouche de jumeaux : un gars et une fille (série devenue culte !). Contre toute attente, Tête d’Acier choisit la petite fille comme successeur, mais lui implante le cerveau de son frère. Aghora doit maintenant suivre l’enseignement qui en fera le Casthaka de la galaxie... et c’est pas du gâteau ! Jodo replonge dans les recettes qui ont fait la série, reprend un peu de sadisme, de cruauté, mêle l’homme et la machine, mixe les sexes, duplique, ampute, charcute... La naissance du Méta-Baron se fait attendre et tire en longueur. De l’exploitation en longueur d’une série qui a surpris, mais qui n’étonne plus. Il est tant d’en finir avant de vraiment lasser ses derniers partisans !
LA CASTE DES META-BARONS T7 :
Aghora, le Père-Mère |
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Aventure explosive dans
Golden City, la très lumineuse série menée par Pecqueur et
Malfin. Déjà quatre albums pour cette anticipation faite sur mesure pour le
trait pur et clean d’un jeune dessinateur dont tout travail s’arrache. Pour
confirmation, le tirage spéçial réalisé par la librairie Folle Image (Lille)
pour ce Goldy (T4) donnera lieu à réglementation sur les nombres
commandés. Et oui, dans la BD on spécule aussi ! !
GOLDEN CITY T4 :
Goldy |
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J’essaie toujours de coupler ces chroniques avec celles de La Cité des Bulles (http://lacitedesbulles.free.fr) . Le site évolue avec des critiques du même type que celles-ci, une Bédéthèque et une chronique de comics (http://lacitedesbulles.free.fr/comic_street.html). Les curieux trouveront également les prévisions de parution et des annonces de manifestations concernant les mois d’avril, mai et juin. Et si, comme moi, vous ne pouvez pas vous passer de papier, découvrez les sommaires des 4 numéros de La Cité des Bulles en attendant le n°5 consacré à Jean-David Morvan et tous les auteurs des séries qu’il scénarise. (La Cité des Bulles c/o Frank Camous, Les Dominos D, 4, rue A. Groignard, 83200 Toulon)
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